| Titre : |
Contribution à l’étude ethnobotanique chez les Malinkés de la communauté rurale de Tomboronkoto (région de Kédougou) et valorisation des collections historiques de l’Herbier de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (Fann Ch. A. Diop) / UCAD |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Mathieu Gueye, Auteur |
| Editeur : |
Dakar : UCAD |
| Année de publication : |
2012 |
| Importance : |
195 p. |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Contribution Étude ethnobotanique Malinkés Communauté rurale Valorisation Collections historiques |
| Résumé : |
Le recueil et la valorisation des savoirs traditionnels sont aujourd’hui un enjeu international. Dans la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) plusieurs pays s’engagent à les préserver et à s’appuyer sur eux pour assurer la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique (articles 6 et 8j). Ainsi, dans cette étude nous nous sommes intéressés à l’exploitation des données ethnobotaniques disponibles à l’Herbier l’IFAN et aux savoirs locaux détenus par les Malinké de la communauté rurale de Tomboronkoto, région de Kédougou au Sénégal. La technique des entretiens ouverts semi structurés, l’immersion, les observations directes ont été utilisées pour recueillir les savoirs locaux chez les Malinké. L’exploitation des données d’usage de l’Herbier de l’IFAN s’est faite dans le cadre de son Informatisation grâce au logiciel « RIHA » (Réseau Informatique des Herbiers d’Afrique). Les données sont traitées par des techniques de statistiques descriptives et à l’aide d’autres méthodes de traitement de données ethnobotaniques (Begossi, 1996, Phillips et al., 1994; Trotter and Logan, 1986) L’inventaire a donné 193 espèces autochtones, réparties en 145 genres et 61 familles dont les Caesalpiniaceae, les Fabaceae, les Tiliaceae, les Rubiaceae, les Poaceae, Combretaceae et les Mimosaceae sont les plus diversifiées. Celles-ci ont des valeurs d’usage importantes, comprises entre 1,2 et 4. La valeur d’usage dépend essentiellement de l’importance socio-culturelle des espèces. Les dix catégories d’usages définies sont dominées par la médecine (35%), l’alimentation (26%) et la construction (21%). Près de la moitié des espèces (49%), n’est exploitée que par une seule catégorie d’usages. Les catégories d’usages médicinale, construction, alimentaire, cosmétique et la technologie ont les plus grands facteurs de consensus des informateurs (FCI), compris entre 0,93 et 0,88. Les feuilles, les écorces, les fruits et les racines sont successivement les organes les plus usités. La médecine (101 espèces) et l’alimentation (92 espèces) couvrent la plus grande diversité de plantes. Les fruits sont les organes les plus alimentaires, suivis des feuilles. De par leur consommation, les fruits et les légumes feuilles se subdivisent en trois, et leurs espèces sont majoritairement peu connues ou sous-utilisées. Les feuilles sont consommées comme herbe potagère, accessoirement comme épinard et condiment. Les tubercules de 8 espèces entrent dans l’alimentation. Les plus connus sont les Dioscorea et seuls ceux des Raphionacme sont mangés crus. En période de soudure, les organes de 20 espèces sont consommés. Pour les soins et la prévention de certaines maladies, les Malinkés utilisent 101 espèces, réparties dans 84 genres et 40 familles. Les espèces médicinales les plus populaires sont Ximenia americana, Vitellaria paradoxa, Cassia sieberiana et Sarcocephalus latifolius. Les maladies gastroentérologiques (73%) et les maladies infectieuses (67%) figurent parmi les usages les plus courants. Viennent les problèmes gynécologiques (57%), d’asthénie sexuelle (52%) et la lutte contre les serpents et leurs morsures (45%). Les écorces, les racines et les feuilles sont les organes médicinaux les plus employés. La macération (46%) et la décoction (37%) sont les modes de préparation les plus courants. Tous les organes peuvent être macérés alors que la décoction est plus réservée aux feuilles (77%). Les Malinké exploitent 16 espèces contre la constipation et pour les performances sexuelles. Contre la constipation, Combretum glutinosum, Tamarindus indica, Adansonia digitata et Ozoroa insignis sont les plus connues. Comme aphrodisiaques, Kigelia africana, Cassia sieberiana, Sarcocephalus latifolius et Fluggea virosa sont les plus réputées. Contre la fièvre-jaune, ils font appel à 11 espèces dont Cochlospermum planchonii et Cochlospermum tinctorium sont considérées comme plus efficaces. En gynécologie, 30 espèces sont utilisées parmi lesquelles Erythrina senegalensis, Ficus umbellata, Raphionacme splendens et Indigofera leptoclada. Contre les serpents et leurs morsures, 8 espèces sont employées et Securidaca longipedunculata est la préférée, suivie de Pericopsis laxiflora. Toutes les espèces à usage culturel ne sont employées que pour la confection de masques : le « Sika », « Jaladiŋo » et le « Kankouranŋ ». Les noms Malinké de 91% des espèces inventoriées ont été recueillis. La signification ou l’étymologie de 60% des espèces rencontrées a pu être connue. Les noms font surtout référence à l’usage et à la morphologie (21%). Les renvois à l’habitat de l’espèce (13%), à une anecdote (10%), à une propriété de la plante et à la dualité mâle/femelle (9% chacune), à un animal (8%) et les noms au renvoi imprécis (6%), sont moins courants. Au niveau de l’Herbier de l’IFAN, 1097 usages en provenance de 21 pays, liés à 45 ethnies et à 574 espèces récoltées entre 1882 et 1962 par 58 collecteurs, ont été identifiées. Ces espèces sont distribuées dans 388 genres, eux-mêmes répartis dans 107 familles dont les mieux représentées sont les Fabaceae suivies des Poaceae, des Euphorbiaceae, des Asteraceae, des Caesalpiniaceae et des Rubiaceae. Des catégories d’usages définies, celles médicinale (25%), ornementale (18%), alimentaire (17%) et technologie (14%) sont les plus fréquentes. Roberty G. E. et Laffitte N. ont rapporté plus de la moitié des usages (63%). Les récoltes de Laffitte, faites pendant « la première mission d’étude de la pharmacopée indigène », sont particulièrement intéressantes tant par le nombre d’ethnies visitées que le détail et la qualité des informations ethnobotaniques recueillies. |
Contribution à l’étude ethnobotanique chez les Malinkés de la communauté rurale de Tomboronkoto (région de Kédougou) et valorisation des collections historiques de l’Herbier de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (Fann Ch. A. Diop) / UCAD [texte imprimé] / Mathieu Gueye, Auteur . - Dakar : UCAD, 2012 . - 195 p. Langues : Français ( fre)
| Mots-clés : |
Contribution Étude ethnobotanique Malinkés Communauté rurale Valorisation Collections historiques |
| Résumé : |
Le recueil et la valorisation des savoirs traditionnels sont aujourd’hui un enjeu international. Dans la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) plusieurs pays s’engagent à les préserver et à s’appuyer sur eux pour assurer la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique (articles 6 et 8j). Ainsi, dans cette étude nous nous sommes intéressés à l’exploitation des données ethnobotaniques disponibles à l’Herbier l’IFAN et aux savoirs locaux détenus par les Malinké de la communauté rurale de Tomboronkoto, région de Kédougou au Sénégal. La technique des entretiens ouverts semi structurés, l’immersion, les observations directes ont été utilisées pour recueillir les savoirs locaux chez les Malinké. L’exploitation des données d’usage de l’Herbier de l’IFAN s’est faite dans le cadre de son Informatisation grâce au logiciel « RIHA » (Réseau Informatique des Herbiers d’Afrique). Les données sont traitées par des techniques de statistiques descriptives et à l’aide d’autres méthodes de traitement de données ethnobotaniques (Begossi, 1996, Phillips et al., 1994; Trotter and Logan, 1986) L’inventaire a donné 193 espèces autochtones, réparties en 145 genres et 61 familles dont les Caesalpiniaceae, les Fabaceae, les Tiliaceae, les Rubiaceae, les Poaceae, Combretaceae et les Mimosaceae sont les plus diversifiées. Celles-ci ont des valeurs d’usage importantes, comprises entre 1,2 et 4. La valeur d’usage dépend essentiellement de l’importance socio-culturelle des espèces. Les dix catégories d’usages définies sont dominées par la médecine (35%), l’alimentation (26%) et la construction (21%). Près de la moitié des espèces (49%), n’est exploitée que par une seule catégorie d’usages. Les catégories d’usages médicinale, construction, alimentaire, cosmétique et la technologie ont les plus grands facteurs de consensus des informateurs (FCI), compris entre 0,93 et 0,88. Les feuilles, les écorces, les fruits et les racines sont successivement les organes les plus usités. La médecine (101 espèces) et l’alimentation (92 espèces) couvrent la plus grande diversité de plantes. Les fruits sont les organes les plus alimentaires, suivis des feuilles. De par leur consommation, les fruits et les légumes feuilles se subdivisent en trois, et leurs espèces sont majoritairement peu connues ou sous-utilisées. Les feuilles sont consommées comme herbe potagère, accessoirement comme épinard et condiment. Les tubercules de 8 espèces entrent dans l’alimentation. Les plus connus sont les Dioscorea et seuls ceux des Raphionacme sont mangés crus. En période de soudure, les organes de 20 espèces sont consommés. Pour les soins et la prévention de certaines maladies, les Malinkés utilisent 101 espèces, réparties dans 84 genres et 40 familles. Les espèces médicinales les plus populaires sont Ximenia americana, Vitellaria paradoxa, Cassia sieberiana et Sarcocephalus latifolius. Les maladies gastroentérologiques (73%) et les maladies infectieuses (67%) figurent parmi les usages les plus courants. Viennent les problèmes gynécologiques (57%), d’asthénie sexuelle (52%) et la lutte contre les serpents et leurs morsures (45%). Les écorces, les racines et les feuilles sont les organes médicinaux les plus employés. La macération (46%) et la décoction (37%) sont les modes de préparation les plus courants. Tous les organes peuvent être macérés alors que la décoction est plus réservée aux feuilles (77%). Les Malinké exploitent 16 espèces contre la constipation et pour les performances sexuelles. Contre la constipation, Combretum glutinosum, Tamarindus indica, Adansonia digitata et Ozoroa insignis sont les plus connues. Comme aphrodisiaques, Kigelia africana, Cassia sieberiana, Sarcocephalus latifolius et Fluggea virosa sont les plus réputées. Contre la fièvre-jaune, ils font appel à 11 espèces dont Cochlospermum planchonii et Cochlospermum tinctorium sont considérées comme plus efficaces. En gynécologie, 30 espèces sont utilisées parmi lesquelles Erythrina senegalensis, Ficus umbellata, Raphionacme splendens et Indigofera leptoclada. Contre les serpents et leurs morsures, 8 espèces sont employées et Securidaca longipedunculata est la préférée, suivie de Pericopsis laxiflora. Toutes les espèces à usage culturel ne sont employées que pour la confection de masques : le « Sika », « Jaladiŋo » et le « Kankouranŋ ». Les noms Malinké de 91% des espèces inventoriées ont été recueillis. La signification ou l’étymologie de 60% des espèces rencontrées a pu être connue. Les noms font surtout référence à l’usage et à la morphologie (21%). Les renvois à l’habitat de l’espèce (13%), à une anecdote (10%), à une propriété de la plante et à la dualité mâle/femelle (9% chacune), à un animal (8%) et les noms au renvoi imprécis (6%), sont moins courants. Au niveau de l’Herbier de l’IFAN, 1097 usages en provenance de 21 pays, liés à 45 ethnies et à 574 espèces récoltées entre 1882 et 1962 par 58 collecteurs, ont été identifiées. Ces espèces sont distribuées dans 388 genres, eux-mêmes répartis dans 107 familles dont les mieux représentées sont les Fabaceae suivies des Poaceae, des Euphorbiaceae, des Asteraceae, des Caesalpiniaceae et des Rubiaceae. Des catégories d’usages définies, celles médicinale (25%), ornementale (18%), alimentaire (17%) et technologie (14%) sont les plus fréquentes. Roberty G. E. et Laffitte N. ont rapporté plus de la moitié des usages (63%). Les récoltes de Laffitte, faites pendant « la première mission d’étude de la pharmacopée indigène », sont particulièrement intéressantes tant par le nombre d’ethnies visitées que le détail et la qualité des informations ethnobotaniques recueillies. |
|  |